mardi 31 mars 2009

L'homme et son train-train quotidien





Avoir des conversations sur des sujets compliqués, dans un couple, n'est pas forcément la plus lumineuse des idées.

Lorsque nous parlons politique, musique ou littérature, Mme Mama et moi finissons généralement par sentir un mur s'ériger entre nous. Son manque de confiance en elle me transforme en tyran et, quand par malheur j'essaie de prendre en compte son avis comme une alternative valable à mon opinion, j'ai rapidement l'air d'un intolérant qui joue les pédagogues.

J'ai du mal avec cette tendance, chez beaucoup de femmes, à immiscer l'affectif au sein d'une recherche de vérité ou de raison. Ça trouble la donne et me fait perdre tous mes moyens dans le débat. Mais depuis quand doit-on aussi souvent faire un choix entre la vérité et l'amour que l'on porte à quelqu'un ?

Ne pas blesser, faire abstraction de ses convictions et de son savoir au bénéfice de la bienséance d'une relation avec quelqu'un, c'est à vrai dire tout ce contre quoi je me suis toujours battu. Renier ce combat pour elle ne me dérangerait finalement pas, je crois, mais le faire pour ne pas bousculer ses complexes illégitimes, ça me défrise.

J'ai peur que ma façon calme d'exposer mes arguments dans une discussion les renforce un peu trop. On accorde toujours si facilement une toute-puissance à une personne qui parle calmement qu'on en oublie parfois que notre avis n'est pas moins précieux que le sien, à fortiori lorsqu'on n'a pas suffisamment d'estime pour soi-même. L'histoire de Mme, c'est ça : admirer l'homme que je suis, sans réaliser que je ne le suis que grâce à son arrivée dans ma vie. Honnêtement, je ne crois pas avoir été plus lucide en matière de politique, d'arts et d'humanité que depuis notre rencontre.

Et puis mon truc à moi, c'est d'être plus cultivé et érudit que beaucoup de gens, mais rarement plus intelligent. La véritable détentrice d'intelligence, au sein de notre couple, c'est elle. Il serait bon qu'elle le comprenne un jour..

Ça m'énerve d'être, dans ce que je suis, la cause de notre incapacité à discuter de ce genre de choses sans que l'un de nous se sente lésé. Ça m'énerve tellement que j'en blogue à 4h du mat au lieu de dormir.

4 commentaires:

  1. J'aime bien quand tu dis "ça me défrise"

    Sinon, les jeunes filles en fleur ont souvent besoin d'être rassurée oui, alors lui dire simplement ce que tu as écrit là, si tu ne l'as pas déjà fait, et 98% de tes problèmes sont résolus.

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  2. Le hic, vois-tu, c'est qu'elle n'est pas une jeune fille en fleur et que je lui ai déjà dit tout ça.
    Mais je crois qu'elle l'entend plus comme un cri d'amour à son égard que comme une vérité à prendre enfin en compte.

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  3. Hum, ça serait peut-être trop facile si tout fonctionnait comme on le voulait. Peut-être aussi que les amis servent à ça. J'y connais pas grand chose, en revanche je comprends moult bien ce que tu racontes et je suppose que nos deux moitiés auraient bien à se plaindre de nous...

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  4. Oui, j'en conviens, mais ce qui les exaspère chez nous est déjà assez extraordinaire.

    Quand je suis chiant, moi, je suis fascinant.

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